[Roman #59] Morwenna – Jo Walton

* Présentation *

    
Entré en ma possession grâce au concours sur le Dragon Galactique pour le challenge SFFF au féminin, les avis très enthousiastes de beaucoup des Planète-SFistes m’ont poussé à lire ce roman assez rapidement. Avec Cornwall, nous avons tenté une lecture commune, mais prises dans notre lecture nous n’avons échangé que sur la moitié de l’oeuvre ;) !

Morwenna
Titre original : Amongs other
Auteur : Jo Walton
Traduction : Luc Carissimo
Couverture : Helen Rushbrook/Flickr/Getty Images
Editions Denoël – 2014, 334 pages.

Dans ma bibliothèque – Première lecture
Ma note :

     
Résumé : Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghust, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privé à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Loin de son pays de Galles natal, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres, notamment des livres de science-fiction. Samuel Delany, Roger Zelazny, James Tiptree Jr, Ursula K. Le Guin et Robert Silverberg peuplent ses journées, la passionnent. Alors qu’elle commence à reprendre du poil de la bête, elle reçoit une lettre de sa folle de mère : une photo sur laquelle Morganna est visible et sa silhouette à elle brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est sa mère ? Elle peut chercher dans les livres le courage de se battre.


« L’usine Phurnacite d’Abercwmboi avait tué tous les arbres à des kilomètres à la ronde. »

    

* Mon avis *

Mori est une ado mutilée dans sa chaire et dans son âme. Elle remplie consciencieusement son journal de ses pensées, ses ressentis, ses lectures, ses relations (parfois difficiles) avec sa famille. Elle ne parle de son accident et de sa perte qu’en filigranes avec quelques évocations. Pourtant son accident et la mort de sa sœur l’ont beaucoup marqué et cela se ressent. Je l’ai trouvé très courageuse, entre quitter sa famille du Pays de Galle et assumer sa « différence ». Car dans son pensionnat, toutes les jeunes filles la mettent un peu à l’écart. Elle a donc du mal à s’intégrer, ses seules amies étant quelques autres filles pas très intégrées non plus et la bibliothécaire du pensionnat. Pour arranger encore le tout, son problème à la jambe l’exclue doublement car elle ne peu pas faire de sport, matière pourtant très importante dans la vie du pensionnat.

Qu’à cela ne tienne cela permet à Mori de lire 1 à 2 bouquins par jour ! Elle regrette un peu sa fuite jusqu’au jour elle trouve un soutien assez inattendu, au travers d’un club de lecture. La lecture et le club vont contribuer à sa reconstruction et à son passage à l’âge adulte, même si elle a assez de mal à accepter que quelque chose de bien lui arrive. Elle reste toutefois une ado « comme les autres » (est-ce une question de maturité ?) quand il s’agit des garçons, ce qui permet de la rendre plus humaine aux yeux du lecteur.

Dans ce roman, l’aspect fantastique est finalement assez restreint et presque anodin. Ce n’est absolument pas le cœur du roman. Il y a juste cette jeune fille qui nous dit voir des fées et faire de la magie. Il n’y a pas beaucoup d’action non plus puisque nous suivons la vie de Morwenna à travers son journal intime. En fait, Jo Walton laisse le lecteur choisir de croire ou non aux fées et à la magie de Morwenna. Elle maintien la frontière en le réel et l’imaginaire de façon vaporeuse (comme les apparitions de ses fées) et prolonge le doute jusqu’à la fin du récit, sans en apporter réellement une clé. Cela pourrait être uniquement la force psychologique, l’imagination, utilisées par Mori pour se reconstruire après son épreuve ou cela pourrait être réellement de la magie.

Mais finalement, Mori le dit elle même dans son journal, c’est de la magie qui ne se voit pas dans les faits puisque tout est modifié rétroactivement. Je trouve que son explication sur l’action de la magie assez crédible. Parfois je me suis demandé si elle n’était pas juste un peu parano à propos de sa mère, et si ses paralysies la nuit n’était pas simplement des crises d’angoisse (le fait qu’elle récite la litanie contre la peur pour s’en sortir m’a beaucoup plut). Mais la scène de la Toussaint m’a beaucoup impressionnée avec cette ambiance glauque et cette rencontre déchirante, et cela sonnait assez juste pour pouvoir être réel.

J’ai bien apprécié la relation avec son père qui se développe petit à petit à travers les échanges sur la lecture. Mais finalement, Mori ne parle pas beaucoup d’elle-même dans son journal, très pudique pour quelque chose d’intime. On y voit surtout son amour pour la lecture, SFFF surtout mais pas que, et comment elle arrive à des réflexions qui sont influencées par ses lectures (sur le féminisme par exemple).

Et c’est pour ça je pense que nous avons été nombreux parmi les lecteurs de SFFF à nous reconnaitre un tant soit peu dans Morwenna. Que ce soit par le plaisir de la lecture, la découverte d’un nouveau roman de son auteur préféré, l’échange avec d’autres passionnés. J’ai beaucoup apprécié ma lecture et j’ai souhaité de tout cœur de connaître le même club de lecture (car oui, internet c’est bien, mais j’ai découvert cette année qu’IRL c’est encore mieux). Je suis allée jusqu’à contacter le comité SFFF des bibliothécaires de Paris pour savoir s’il existait quelque chose pour les lecteurs, mais malheureusement non (manque de temps, tout ça). Malgré cela, ce ne fut pas le coup de cœur de mon côté, juste un agréable moment partagé avec Mori.

Cornwall de son côté à eu un coup de cœur. Elle a tellement aimé qu’elle en a profité pour lancer un challenge, le Morwenna’s List, dont le but est de lire au moins un (si ce n’est tous, mais là, il faudrait un petit peu plus de temps, en tout cas pour moi) des livres cités dans le journal de Mori. Et en plus, comme Lorhkan avait déjà dressé la liste, il n’y avait plus qu’à se lancer. Ce fut fait le 1er juillet, et je me suis bien sûre inscrite. D’ailleurs cette chronique est ma première participation !

A noter également que l’auteur, Jo Walton, sera présente aux Utopiales de Nantes fin octobre de cette année.

  

* Blabla supplémentaire *

D’autres avis chez Blacky, Tigger Lilly, Lelf, Lorhkan, Lune, Grom, Cornwall, Kissi, Lhisbei, Vert.

    

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11 réponses

  1. BlackWolf dit :

    Ah content qu’il t’ait j’ai moi aussi passé un excellent moment de lecture avec ce roman touchant et efficace.

  2. Plume dit :

    Un vrai bon livre aux frontières du genre. Hâte de rencontrer l’auteure aux Utopiales, peut-être autour d’un verre au bar de Mme Spock ?

  3. Ta chronique donne très envie, je note cette référence :)

  4. Mariejuliet dit :

    Une chronique qui donne envie en tout cas.

  5. Vert dit :

    Hi hi hi j’adore que ce bouquin t’ai fait contacté le comité SFFF des bibliothèques de Paris xD. Bon on a plus qu’à monter notre propre club de lecture IRL ^^

    • J.a.e_Lou dit :

      Oui :3 Ils n’ont pas dit qu’ils n’étaient pas intéressé ceci-dit. Peut-être que pour l’hébergement d’un club de lecture il ne serait pas contre.

      • Tigger Lilly dit :

        Ça pourrait être sympa comme idée. Cela dit, le problème est que les biblio de Paris ne sont pas ouvertes en soirée (à ma connaissance) et je doute qu’ils aient beaucoup de liberté sur ce qu’ils font des locaux. Mais j’aime l’idée à fond, j’avais déjà regardé ce qu’ils faisaient à ma biblio municipale mais ils sont pas sfff pour un sou (AUCUN des titres du club de lecture ne m’était connu, je me suis sentie très bête pour le coup, alors qu’en sfff c’est plutôt l’inverse xd).

  6. Acr0 dit :

    Deux livres par jour, c’est complètement dingue ! (mais d’entendre que des lecteurs lisent plusieurs romans par semaine me semble déjà surréaliste, alors…). J’ai bien aimé cet aspect fantastique que Jo Walton te présent discrètement et te laisse la possibilité d’y croire ou non. J’ai beaucoup aimé ce livre moi aussi :)

    • J.a.e_Lou dit :

      Oui, moi aussi plusieurs livres par semaine, ça m’impressionne déjà. Mais je me dis que soit ce sont des gens en vacances/au chômage/avec un emploi du temps cool, soit ce sont des romans de moins de 200 pages. Ce qui ne m’empêche pas de les jalouser un peu (mais après, le nombre de chroniques à faire !!)

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