[Roman #9] Fahrenheit 451 – Ray Bradbury

* Présentation *

J’ai relu ce roman dystopique dans le cadre d’une lecture commune organisée par Felina sur le forum de Livr@ddict, et je l’en remercie. J’avais gardé un très bon souvenir de ma première lecture, mais elle n’avait pas eu du tout le même écho que pour cette relecture. Je n’arrive pas à mettre des mots sur ce que j’ai ressenti à la lecture de ce roman. Cela va au-delà du coup de cœur (un coup de point ?)

 

Fahrenheit 451
Auteur : Ray Bradbury Traduit par Jacques Chambon, Henri Robillot
Éditions Folio – 2000, 213 pages
Deuxième lecture – Dans ma bibliothèque
Ma note :

                                

Résumé : Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable.
Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

                   

« 451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume. »

                  

* Mon avis *

J’ai presque eu les larmes aux yeux à la lecture de certains passages, tellement ils sont criant de vérité et tellement cela me peine qu’ils soient si vrais. Cette lecture m’a touchée, m’a chamboulée. En tous cas, Bradbury énonce pour moi des vérités qui seraient bonnes à méditer.
Car il est plus qu’actuel dans sa critique de la société. Il nous renvoie en pleine face la réalité. Il dénonce, mais avec une telle poésie que rien n’est violent dans ses propos.

Il dénonce la télévision, les informations sélectionnées (avec les « murs ») ; la publicité qui pousse à la consommation (dans le métro) ; le besoin, presque le devoir, d’être heureux et la nécessité d’être sociable et de faire des choses sans vraiment y prendre plaisir ou de vraiment écouter les autres (à travers le personnage de Mildred) ; être actif, toujours plus et toujours plus vite, tout cela pour ne pas nous laisser le temps de se poser et de réfléchir. Il dénonce également la coupure entre l’homme et la nature. Beaucoup de ces dénonciations se font au travers du personnage de Clarisse (qui aurait mérité une plus grande place dans le récit ?).

Bradbury veut faire passer le message du besoin de se soulever contre ce que l’on trouve injuste avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’il n’y ait plus personne pour se soulever et que l’on ait trop peur de faire quelque chose (et aussi qu’en fait, il n’est jamais vraiment trop tard, si on prend son courage à deux mains) à travers le personnage de Faber. Il pointe du doigt que bien souvent, ce sont les gens eux-mêmes qui laisse les choses empirer car ils ne protestent pas. Et surtout il veut crier l’importance de la culture mais aussi de sa qualité et de son appréciation.

Il fait une petite critique rapide de la politique, et des gens qui votent pour une personne (et son apparence) plutôt que pour ses idées (conversation entre les 3 femmes). Et rappelle le voyeurisme des gens à travers la télé (poursuite du fugitif, qui m’a fait beaucoup penser à ces émissions débilitantes de télé-« réalité »).

Mais il y a aussi des messages plus positif. Bradbury nous dit de pas avoir honte de nos erreurs et de notre ignorance. C’est de ses erreurs et en s’avouant que l’on ignore que l’on apprend. Il y a également pêle-mêle, l’importance du silence, du souvenir, de la réflexion par soi même, de prendre son temps.

On s’identifie à tous les personnages : nous sommes Mildred, complètement avilie par la société et qui laisse son sens critique de côté. Nous sommes Montag qui suit le mouvement mais se pose des questions et commence à remettre en cause ce qui est édicté (et qui a la révolte au plus profond de lui). Nous sommes Clarisse, qui pose un regard différent sur les choses, la rencontre opportune qui ouvre les yeux. Nous sommes Faber, qui se cache derrière sa peur, qui n’ose s’opposer alors qu’il sait que cela ne va pas (et qui fini par agir). Nous sommes Beatty, qui sait mais qui choisi de continuer dans la même voie car c’est plus facile.

                 

barre_9

                     

Les + :
La poésie du phrasé de Bradbury
Je me suis reconnue un peu dans chacun des personnages
L’espoir, à la fin, d’un monde meilleur

Les – :
Je n’en vois pas (pour l’instant)

                

barre_9

         

Nous sommes cette société consumériste qui ne prend même plus le temps de regarder les étoiles. Qui se contente d’émission poubelle à la télé et laisse s’insuffler la ringardisation de la lecture. « intello » est effectivement devenu un mot péjoratif. Même les journalistes font de l’info poubelle, sans recherche de fondement mais en cherchant la primeur.

Il y aurait tellement plus à dire. Je pense qu’on pourrait pondre un essai de plusieurs centaines de pages, ou même une thèse. Et cet avis est bien trop fouilli… mais je n’ai pas le temps de faire mieux.

 

Mon cœur d’écologiste aime beaucoup cette citation pour terminer :

« Si nous oublions à quel point la grande nature sauvage est proche de nous dans la nuit […], elle viendra un jour nous emporter, car nous aurons oublié à quel point elle peut-être terrible et bien réelle. »

           

* Blabla supplémentaire *

                

169729479676013944_8tgMEWPe_c copie

 

Pour cette LC, ils ont donné leur avis : Lizouzou, beL, Soundandfury, C’era una volta, Lectureetcie, Ramette, Felina, StupidGRIN, Livrons-nous, Choulie, Dex, Kyeira, Piplo, Mack.

              

                 

CITRIQ

Vous aimerez aussi...

16 réponses

  1. livr0ns-n0us dit :

    J’aurais également aimé que Clarisse tienne une plus grande place dans le récit, j’ai été un peu déstabilisée par sa brusque disparition. Je ne peux qu’acquiescer à tout ce que tu dis dans ta chronique et je suis tout à fait d’accord sur le fait qu’on pourrait écrire des pages et des pages sur ce petit roman qui soulève tellement de questions ! J’ai eu beaucoup de mal à ne pas écrire une tartine sur ce classique qui m’a profondément marquée par son aspect actuel ; je trouve très intéressant de lire tous les avis des participants qui mettent chacun le doigt sur un aspect du récit en particulier. Bref, cette lecture commune est une réussite =)

    • Jue dit :

      Oui, une vraie réussite, avec des avis assez différents mais jamais indifférents.
      Et il m’a aussi grandement marqué ce petit bouquin. Je crois bien que je vais lire d’autres romans de Bradbury, notamment les chroniques martiennes.
      Merci d’être passé par ici :)

  2. Lizouzou dit :

    Très belle chronique ! On voit à quel point ce livre t’a touché et tu donnes très envie de le lire !
    Comme tu le dis si bien (ainsi que Livrons-nous), le personnage de Clarisse a beaucoup d’importance mais elle part trop tôt à mon goût !

    • Jue dit :

      Merci Lizouzou :)
      Je suis contente que tu ais apprécié ma chronique ^^ Donc tu vas le relire ;p
      Je crois que tout le monde est du même avis pour Clarisse, mais je pense que cela aurait trop changé l’histoire et le message si elle était restée. Elle est l’allumette de l’esprit de Montag et une allumette, c’est éphémère…

  3. Comme le dit Livrons-nous, tu pointes très justement le doigt sur des réflexions importantes qu’amènent Fahrenheit451. J’aime beaucoup ton passage sur l’identification aux personnages. Tu as raison nous sommes malheureusement parfois chacun d’eux. Cela fait réfléchir!
    Il y aurait encore oui tellement à dire. :)

  4. Lilly dit :

    Même si tu trouves ton avis fouillis, il fait très bien passé ton ressenti. Et ta phrase de conclusion résume parfaitement l’idée du livre. Ce roman est tellement profond et en même temps concis que c’est un tour de force. J’aime beaucoup le style de Bradbury moi aussi. Merci pour ta participation à cette LC. ^^

  5. Soundandfury dit :

    Tu pointes parfaitement du doigt tout ce qui est en jeu dans ce récit et effectivement, ta vision des choses est beaucoup plus optimiste que la mienne. Je ne connais pas du tout l’article que tu cites, j’irai voir.
    Je trouve que le principal problème de l’engagement c’est qu’il peine à toucher d’autres personnes que les déjà convaincus.

    • Jue dit :

      Ah ça, c’est clair ! Généralement, surtout en écologie, on ne prêche que les convaincus ! Mais je pense que c’est lié au petit confort de chacun, quand c’est aux autres de faire des efforts, ça peut passer mais quand ça touche personnellement, c’est tout de suite plus difficile (je parle ici de confort matériel et de consommation, un peu comme dans Fahrenheit en fait). Peut-être que pour Beatty c’est ça, il ne voulait pas perdre le confort et la « sécurité », donc il ne changeait rien (et je trouve qu’il avait pas mal lu quand même).
      Merci d’être passé par-là et contente d’échanger avec toi :)

  6. Ton passage sur l’identification des personnages est assez pertinent je me retrouve un peu en chacun d’eux, mais ils n’ont pas réussi à me toucher sauf peut être Clarisse mais elle est trop peu présente …
    Il est également vrai que ce livre permet d’ouvrir un large débat…

    • Jue dit :

      Merci Lecture et cie :) Oui je me suis sentie bien inspiré pour cet avis-là. C’est la première fois depuis que j’ai commencé à les rédiger. D’un autre côté, c’est un livre qui amène très facilement la réflexion, en ça ray Bradbury à bien réussi son pari.

  7. Dex dit :

    Un très bel avis ! j’aurais aimé ressentir le livre comme tu l’as ressenti, malheureusement je n’ai pas trouvé la phrasé de Bradbury poétique. Les citations que tu as mis présente parfaitement le livre.

  1. 26 septembre 2012

    […] Agnès beL, Bibliophile C’era una volta, Choulie Ginger HeavyBooks J.a.e_Lou Kaegen, Kyiera Lectureetcie, Les chroniques d’Arwen Livrons-nous, Lizouzou Mack Nelly 17 […]

  2. 11 avril 2013

    […] questions qui touchent des sujets intéressants et profonds. Je ne l’ai pas apprécié comme Fahrenheit 451, mais c’est un classique SF qui mérite d’être […]

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :