CAO et modularité

  Mardi 29 Mars, 2011 par Jac Lou, Cat: ChapitresRéagissez » • Partagez » Partagez cet article sur Facebook Partagez cet article sur Google+

  En 1966 toujours, Olivetti fait de la publicité pour un "microcomputer" à cartes magnétiques. Aujourd'hui un épicier de quartier le trouverait encombrant et insuffisant pour faire ses additions ! En 1967 la France possède 2000 calculateurs (comme le CDC 6000) dont une majorité dans des applications scientifiques. En 1968 on compte 3000 ordinateurs en France dont 50% sont dans des organismes publics. Olivetti propose cette fois une machine, la "Programma101", capable d'effectuer les 5 opérations ! La même année HP étend les possibilités des machines dites de bureau avec le HP 9100A, calculateur scientifique doté de 3 afficheurs à tubes, de 16 mémoires à tores et d'une mémoire morte sans circuit électronique. Cette mémoire morte est un drôle de dispositif formé d'un empilement de 16 circuits imprimés carrés de 10 cm de côté, couplés magnétiquement. Elle stocke tout de même 196 pas de programme ! Mais il faut encore débourser 4900 US$ pour acquérir cette petite merveille. La page de "publi-information", comme on dit aujourd'hui, qui décrit cette merveille est signée Jean-Louis Gassée, nom que l'on retrouvera plus tard notamment sous la bannière d'Apple France.

 Vers 1969, on commence à parler de deux techniques qui semblent prometteuses: la CAO et la modularité. D'une part la Conception Assistée par Ordinateur (CAO) apparaît comme le moyen de développer plus rapidement les cartes électroniques destinées à équiper les nouveaux centraux téléphoniques (autre domaine où la France accumule alors un retard important). D'autre part, la conception de modules de base qu'il suffirait d'assembler comme un jeu de construction pour réaliser de petits ordinateurs, semble le moyen d'assurer la diffusion de l'informatique pour (presque) tous. Pas bête! En attendant, IBM essaie d'attirer les clients vers son centre de calcul riche de 12 ordinateurs "centraux". Et en attendant, toujours, on se plaint que les machines présentent des contraintes de 2 ordres: "tout d'abord elles ne 'comprennent' vraiment que des langages étranges pour l'entendement humain. Ensuite, en raison de leur coût, elles sont de merveilleux prétextes à la mainmise sur leur gestion d'administrateurs en mal de pouvoir [...] ou en quête d'occupation.". Rien n'a changé!

 Du côté des composants, on parle déjà de circuits LSI (pour "Large Scale Integration", intégration à grande échelle). La SAGEM, par exemple produit des composant intégrant jusqu'à 750 transistors à effet de champ, destiné à équiper des cartes faisant du calcul différentiel numérique (Science Progrès Découverte, mai 1970).

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