MicroMachine 2000, CP/M et MS Basic au boulot

  Mardi 22 Novembre, 2011 par Jac Lou, Cat: Chapitres Partagez » Partagez cet article sur Facebook

À mon retour de post-doc en Allemagne et suite à mon recrutement comme chercheur statutaire à l'Inserm en 1981, j'ai obtenu de pouvoir choisir une machine plus compacte que le MINC-11 et qui pourrait être affectée directement à mon poste de travail. Autrement dit, une machine rien que pour moi ! Mon choix, fait cette fois sans influence extérieure supérieure, s'est porté sur un micro-ordinateur MicroMachine 2000-1N, fabriqué en France par Symag, entreprise d'abord établie à Grenoble puis à Meylan (Isère).

poste d'expérimentation en électrophysiologie
Ordinateur Symag Micromachine-2000
Ci-contre, un ordinateur MicroMachine 2000-1N pilotait mon poste d'expérimentation dans le laboratoire de recherche où je venais d'être recruté en 1981. La Micromachine 2000 était une grosse boîte métallique noire, aussi lourde qu'un cheval mort, comportant deux lecteurs de disquettes de huit pouces en façade. Ses caractéristiques techniques la rapprocheraient plutôt d'une calculette scientifique bas de gamme de 2011. Lisez bien les unités : processeur Zilog Z80-A à 4 MHz, mémoire vive de 64 ko, unités de stockage (disquettes de 8 pouces, "floppy disk") de 512 ko... Mais à l'époque c'était magnifique ! Pour les besoins expérimentaux, la Micromachine avait été complétée par une carte de la société Tecmar (Cleveland, Ohio, USA) pour l'acquisition de l'activité électrique des cellules nerveuses étudiées (carte de conversion Analogique - Numérique sur 16 voies en 12 bits TM-AD212) et pour la production des signaux de commande (horloges et carte Numérique - Analogique à 4 voies en 12 bits). Ces cartes étaient implantées sur le bus S-100 de la Micromachine, un standard de bus de la fin des années 1970. Un moniteur en ROM (mémoire morte) disposait des commandes nécessaires pour lancer, à partir d'un des deux lecteurs, le système d'exploitation CP/M 2.2 de Digital Research (Pacific Grove, California, USA), un autre standard de la fin des années 1970 qui allait être bientôt supplanté par le DOS de Microsoft présent sur les PC (Personnal Computer) d'IBM.

C'était une sorte de machine de rêve pour l'électrophysiologiste que j'étais, mais qui allait se transformer aussi en une machine de cauchemar. En effet, à part le système d'exploitation CP/M 2.2 et un compilateur Basic de Microsoft, aucun logiciel n'existait pour piloter la merveille et pour la rendre utile aux expérimentateurs. J'ai donc dû me transformer en programmeur avant de produire ou analyser le moindre résultat. Pour simplement pouvoir aligner des nombres et les traiter, j'ai par exemple écrit un tableur (avant que des versions commerciales existent !). Et pour les besoins de l'étude du fonctionnement des cellules nerveuses, il ne suffisait pas de compiler un programme écrit en Assembleur ! Il fallait aligner des micro-codes en optimisant chaque instruction et chaque boucle en calculant les temps d'exécution en micro secondes. Cette machine a été fonctionnelle à partir de la fin de l'année 1982.


 

Console graphique Phylec (UTC)
L'interface homme-machine était une console graphique Phylec (Université de technologie de Compiègne) qui, la place étant cruellement limitée dans notre laboratoire de recherche public, n'a pas pu être sauvegardée jusqu'à aujourd'hui... De la console, il ne reste donc que la photo ci-contre, où elle est utilisée par votre serviteur. Il reste aussi le souvenir de longues heures fébriles de programmation pour obtenir une représentation graphique des signaux neurophysiologiques enregistrés grâce à la carte d'acquisition Tecmar.

À partir de la fin des années 1980, la Micromachine a été remplacée par des ordinateur compatibles IBM PC de la marque Tandon (USA) complétés par des interfaces externes de conversion A/N et N/A de type 1401 de Cambridge Electronic Design (C.E.D., Cambridge, UK). Un de ces PC, Tandon PAC 386 équipé de 2 datapack (les premiers disques dur amovibles) avec lequel j'analysais mes données expérimentales à partir de 1989 a été également sauvegardé et transféré au Musée.

Dans l'intervalle pour les enfants de ma famille et pour le grand enfant que je suis, plusieurs consoles MSX (Philips, Sanyo, Spectravideo) on occupé mes loisirs. Voir à ce sujet mon article "Mes vieux ordinateurs au musée de l'informatique".

 Permalien

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