Musique religieuse à la Renaissance

Le 26 Jul 2020 par Jac Lou Réagir (2) » Partage » Partagez cet article sur Facebook

  Le Moyen-âge s'achève dans un monde dont l'horizon est repoussé plus à l'Ouest. On verra que la transition musicale avec la période dite de "La Renaissance" se fait sans grande révolution (il est somme toute pas loin de trois cents ans trop tôt pour utiliser ce vocable). C'est en tout cas ce que cette page de mon cahier sur la musique religieuse de la Renaissance tente de montrer. Le texte est augmenté par des liens vers les auditions des oeuvres et vers la biographie des auteurs cités dans le texte : les noms des auteurs mènent sur Wikipédia et les titres des oeuvres conduisent sur Youtube (*). Pour voir la liste des chapitres précédents : clic.

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Quelques généralités

  Il n'y a pas de "Renaissance musicale". La musique du XVIe siècle n'est que le logique prolongement de celle du XVe siècle [📃].
- Art essentiellement vocal, c'est l'âge d'or de la polyphonie exprimée dans la "Messe polyphonique" et le "Grand motet"
- Sous l'influence des principes de la Réforme on observe une nette évolution de la polyphonie - musique "horizontale" - vers l'harmonie - musique "verticale".

Musique catholique

École flamande

  Après 1415 (Azincourt) et 1420 (Traité de Troyes) la prépondérance française connaît une éclipse. Le centre de production artistique se déplace d'Île-de-France vers l'Est et le Nord : Bourgogne, Artois, Nord, Flandres, Hollande, Luxembourg.

  On assiste à la naissance d'une école franco-flamande nourrie à la fois de l'art de Machaut et de celui des italiens.

  1. Guillaume Dufay (1397-1474) "le Machaut du XVe siècle", un des derniers maîtres de l'Ars nova [♫].
  2. Les précurseurs de "l'Âge d'Or"
    Johannes Ockeghem (v.1420-1497) [♫]
    Jacob Obrecht (v.1457-1505) [♫]
    Pierre de la Rue (v.1460-1518) [♫]
    Jean Mouton (v.1459-1522) [♫]
  3. Josquin des Prés (v.1450-1521) : "Prince de la musique". Son oeuvre marque la fin de la période précédente et le début de "l'Âge d'Or" par
    • la hardiesse de l'écriture
    • la science du contrepoint
    • la nouveauté du langage
    • l'intensité de l'expression

    Audition : Messe "Pangue lingua" de Josquin des Prés

  4. Roland de Lassus (1532-1594) : "l'Orphée belge", le musicien le plus fécond

    Audition : "Lagrime de san Pietro" Roland de Lassus

  5. Les genres

    La messe polyphonique

    • le nombre de voix est variable
    • elle se compose de cinq morceaux : le Kyrie, le Gloria, le Credo, le Sanctus et benedictus, l'Agnus Dei
    • il existe un thème conducteur (religieux ou profane) qui constitue la base de composition (le cantus firmus). Ce thème, traditionnellement entendu à la voix de ténor a tendance à passer au superius.

    Le motet religieux

    • le style est libre à trois ou quatre voix, dont une ou deux instrumentales.
    • le chant passe du ténor au superius.
    • les paroles sont les mêmes aux différentes parties.

École italienne

  1. Palestrina (v.1525-1594)

    Audition : Agnus Dei de la messe du pape Marcel

    Maître de chapelle à la Chapelle Sixtine et à Saint-Pierre de Rome, il fut chargé par le Concile de Trente de réformer la musique d'église dans le sens suivant :
    • retour à une polyphonie plus simple, plus claire, plus directement accessible aux fidèles.
    • banir de la musique religieuse tout élémente profane.
    On lui doit de nombreuses messes, dont la messe du pape Marcel. Sa musique est équilibrée (vision de dieu, le dieu consolateur).

  2. Giovanni Maria Nanino (v.1544-1607) [♫] et son frère cadet Giovanni Bernadino Nanino (v.1560-1623), Gregorio Allegri (1582-1652) [♫] et les deux Gabrieli Andrea Gabrieli (v.1533-1585) [♫] et Giovani Gabrieli (1557-1612) [♫]

École espagnole

  1. Nicolas Gombert (v.1495-v.1556) et Cristobal de Morales (v.1500-1553)

    Audition : "Mille regrets à 6" Nicolas Gombert (v. 1540)

  2. Tomas Louis de Victoria (1540-1610). Il fait ses études musicales à Rome puis réside à Madrid. C'est un contemporain de Thérèse D'avila. Sa musique est caractérisée par son inspiration mystique, réaliste et dramatique, par sa couleur sombre avec une référence constante à la phrase grégorienne, vision de dieu souffrant sur la croix.

    Audition : extrait de la messe pour les défunts de Victoria (Kyrie)

Musique Protestante

Audition : psaume XXV "À toi mon dieu, à toi mon coeur monte"

Martin Luther (1483-1546)

Il veut créer pour la Religion réformée une liturgie basée sur une musique plus simple, plus populaire et accessible à tous les fidèles. Il invente pour cela une forme nouvelle, le choral, et il en écrit une trentaine. Ce sont des pièces relativement courtes aux vers bien découpés, en allemand, d'une polyphonie simple et souvent presque verticale (harmonie).

Audition : "Notre dieu est un château solide" (1547) Martin Luther et Johann Wlater évocation visuelle et évocation musicale

Jean Calvin (1509-1564)

Il préconise pour le temple le chant à l'unisson (femmes et hommes) des psaumes. Toutefois, en dehors des versions du temple il existe des versions de concert en "contrepoint fleuri" (*). Les paumes de David sont traduits par Clément Marot et Théodore de Bèze et mis en musique par Claude Goudimel et Claude Le Jeune

Audition : psaume XXV "À toi mon dieu, à toi mon coeur monte" (Clément Marot - Claude Goudimel)

Musique anglaise

  En Angleterre la période de la Renaissance correspond au règne des Tudors. Henri VIII qui était devenu roi en 1509 était lui-même musicien et il favorisa les échanges entre l'Angleterre et les autres pays du continent européen. Mais lorsqu'il imposa, avec Thomas Cromwell, la Réforme anglaise, la destruction des abbayes et des monastères et l'exécution des musiciens réfractaires en 1539 créèrent une atmosphère peu propice - pour le moins - à l'art musical. La rigueur de la Réforme fut même renforcée sous le règne d'Édouard VI, fils d'Henri, qui pris sa succession en 1547. Sur le plan musical, le carcan se relâcha toutefois un peu pendant le règne d'Élisabeth Ière dans la seconde moitié du XVIème siècle.

Quelques musiciens échapèrent finalement à l'épuration et laissèrent des oeuvres aux arrangements complexes : messes et motets sur des thèmes religieux.


nota : les textes ou auditions en violet ne figuraient pas dans mon cahier

 

NB ce billet reprend un cours de notre professeur de musique à l'École normale d'instituteurs de Versailles, Roger Blin (1921-2017).

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L'original aux feuilles jaunies par le temps (5 pages)

 
 

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