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11/04/2012

Passage de Vénus - Résultats des expéditions françaises (2)

  21:12:00, par Jac Lou   , 3656 mots  
Catégories: Vénus-1874

[La Nature, 1875, pp. 390-394]

À Pékin, M. Fleuriais s'installa dans le jardin de la légation française. Tout d'abord il fut difficile d'arriver à la capitale du Céleste-Empire, à cause de la navigation laborieuse du Peï-Ho. Après trois jours d'une navigation sur le Peï-Ho, tantôt à la cordelle, tantôt à la perche, souvent interrompue par de nombreux échouages et parfois par la crainte d'actes de piraterie qui contraignirent les officiers à tenir leurs armes en état et à faire le quart comme sur des bâtiments en mer, l'escadrille entrait le 1er septembre dans un inextricable labyrinthe de trois à quatre mille jonques chinoises formant la flotte d'approvisionnement de Pékin. — Afin d'éviter tout retard préjudiciable, le chef de l'expédition se hâta de prendre la première charrette qu'il rencontra et se rendit seul à Pékin, où tout alors lui parut devenir facile, grâce à la bienveillance que témoignèrent à la mission M. de Geoffroy, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de France en Chine, et tous les fonctionnaires et les attachés de la légation.

Depuis le point où le Peï-Ho cesse d'être navigable, 25 ou 23 kilomètres devaient être franchis avant d'entrer à Pékin, et la route autrefois bien dallée, est maintenant tellement défoncée et si remplie d'ornières, que le transport des instruments sur des chariots sans ressorts et continuellement cahotés devenait impossible. Il fallait donc se résoudre à effectuer ce transport à dos d'hommes, moyen ordinairement employé par les Chinois, qui mettent beaucoup d'adresse à unir leurs efforts pour porter à l'aide de traverses en bois les plus énormes fardeaux. Six charrettes, quatre brouettes et cent cinquante coolis furent engagés et formèrent bientôt une caravane des plus pittoresques, dont la marche fut dirigée par nos marins.

Après avoir levé le plan et reconnu l'orientation de la partie du jardin de la légation, mise par M. de Geoffroy à la disposition de la mission, des maçons et des menuisiers chinois commencèrent les travaux. Les massifs des colonnes devant supporter les deux équatoriaux, dont l'un ne pèse pas moins de 200 kilog., l'appareil héliographique, la lunette méridienne et les poteaux télégraphiques étaient établis, avaient toutes les garanties durables de stabilité sur les ruines d'une ancienne pagode mise à jour par la pioche des terrassiers. Des cabanes avec panneaux en toile afin que la température intérieure fût semblable à celle de l'extérieur avaient été élevées au-dessus des instruments. Enfin, depuis le 22 du même mois, les observations avaient commencé. La nuit on observait les culminations lunaires et stellaires au moyen desquelles seront rigoureusement calculées la longitude et la latitude absolues du lieu des observations. Pendant le jour on étudiait les mesures micrométriques propres à procurer aux lunettes et à l'instrument héliographique les images les plus correctes, etc.

L'observation du passage a réussi, malgré un ciel brumeux. Les premier et deuxième contacts ont été observés avec un plein succès ; les deux autres moins complètement. On a pris soixante photographies.

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